le briquet à amadou

L'AMADOUVIER   -    L'ESCA  en langue Corse - est un champignon ligneux basidomycète  - Fomes  Fomentarus - de la famille des polyporaceae, qui se développe sur les troncs d'aulnes ou de peupliers. Il s'en nourrit au point de tuer l'arbre. Le nom scientifique se traduit par combustible à pansement. Le nom ''amadou'' provient du provençal - propre à s'enflammer comme un amoureux.

En effet,, non comestible, il était connu depuis la préhistoire comme substance inflammable. Depuis le Vème siècle avant J.C. il était utilisé pour ses vertus hémostatiques cicatrisantes. La besace de la momie du chasseur Otzi (retrouvé dans les glaciers du tyrol) contenait de l'amadou .

Ses qualités combustibles ont été industrialisées au XIXème siècle pour la fabrication des briquets. La tresse d'amadou était trempée dans du salpêtre ou chromate de plomb pour faciliter la combustion  

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 Jean TROJANI (septuagénaire ) de NOVELLA (haute Corse) raconte comment dans son enfance , il voyait les anciens du village, produire l'amadou pour allumer leur pipe bourrée ''d'arba tabacu''  ( lit : herbe à tabac - le tabanc corse ) .

Le champignon, décroché de l'arbre était mis à bouillir dans un mélange d'eau et de cendre.Il était ensuite mis à sécher durant quelques jours.

Une fois bien sec, il était battu à coups de marteau pour ramollir les fibres ligneuses, au point d'obtenir une sorte de filasse ressemblant à du coton.

La finition du séchage de cette filasse, se faisait dans le four tiède de la cuisine. 

L'amadou ainsi prêt était glissé dans la poche.

 Bien que Jean nous raconte ses souvenirs des années 40, le rituel de l'allumage, par les fumeurs du village, datait toujours de la préhistoire.

Il fallait une pierre à silex et une pièce métallique - ''e lime'' - ( lit : les limes)  pour allumer l'amadou.

''e lime'' était effectivement une vielle lime triangulaire que le forgeron du village chauffait à blanc afin de la recouber comme un coup de poing américain.

La main droite tenait le silex avec quelques brins de filasse posés et coincés avec le pouce. La main gauche tenant '' e lime", il fallait d'un coup sec frapper le silex pour obtenir des étincelles qui provoquait la combustion de l'amadou.

En souflant rapidement, ou gràce au courant d'air, la combustion étant activée, le morceau d'amadou incandescent était déposé sur la pipe bourrée ''d'arba tabaccu '' ( d'herbe à tabac ).

Ce système de mise à feu efficace se retrouvait sur les mousquets et autres fusils à pierre, la poudre noire remplaçant l'amadou.

Les briquets à amadou modernes sont constitués d' une tresse  qui coulisse dans un banal briquet tout aussi moderne. Sans doute, actuellement,  le briquet à amadou trouve- t'il  son intérêt dans les randonnées au grand air où sur un pont de bateau.

Sachant que fumer une pipe au grand air où dans le vent des voiles est une hérésie - pour la pipe - le gout âcre de la filasse au chromate de plomb,   mélangée au gout du tabac, oblige à reléguer l'objet dans une vitrine de collectionneur.

                                                                          UN LIEU-DIT  EVOCATEUR

A flanc du Monte-Cinto se trouve un lieu-dit   ''ACCENDI  PIPA '' ( allume pipe ). Les supputations éthymologiques n'ayant pas manqué d'alimenter les conversations apéritives, c'est finalement un nonagénaire du village voisin qui nous a éclairé:

 ''Avant''  lorsque les bergers grimpaient pour aller récupérer leurs bêtes, ils se reposaient un moment à cet endroit ombragé pour allumer leur pipe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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